Une attaque nocturne dans un bar d'Albi
Le militant visé a pu se réfugier dans la cave de l'établissement. Mais une sexagénaire, qui avait cherché à arracher le masque de l'un des assaillants, a reçu un violent coup de poing au visage.
Cette expédition punitive faisait suite à une agression survenue quelques heures plus tôt : Clément Cabrolier, ancien cadre de Patria Albiges et fils de l'ex-député RN Frédéric Cabrolier, avait lui-même été attaqué par une dizaine de personnes suspectées de liens avec la mouvance antifasciste.
Des peines de quatre à huit mois, majoritairement avec sursis
Le tribunal a condamné onze des douze prévenus, âgés de 19 à 29 ans. Les peines prononcées vont de quatre à huit mois de prison, avec sursis pour dix d'entre eux. Un seul a écopé d'une peine partiellement ferme. Ces sanctions sont légèrement inférieures aux réquisitions du parquet, qui avait demandé six à dix mois avec sursis pour la majorité, et douze mois dont quatre ferme pour le prévenu en état de récidive légale.
Les prévenus étaient poursuivis pour « violence avec usage d'une arme » et « groupement en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction de biens ». L'avocat de la sexagénaire blessée, Me Kamel Benamghar, a vivement critiqué l'absence de remords chez les accusés : « Derrière le vernis du scoutisme, ce sont des méthodes de terroristes. » Du côté de la défense, Me Pierre-Vincent Lambert a dénoncé un « dossier gruyère », et Me Mathieu Soussi a évoqué des « dénonciations calomnieuses de la mouvance communiste ».
Ce type d'affaires de violences collectives à caractère politique rappelle d'autres faits divers régionaux récents, comme l'affaire de Reims où un homme a été tué lors d'une altercation, témoignant de la violence croissante dans certains contextes locaux.
Patria Albiges bientôt dissous
Au-delà des condamnations, cette affaire met en lumière le sort annoncé de Patria Albiges. Le groupuscule identitaire figure parmi trois organisations devant prochainement être dissoutes, comme l'a annoncé début mars la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.
Cette dissolution programmée s'inscrit dans un contexte où les autorités durcissent leur réponse face aux groupes radicaux. La menace liée à des réseaux organisés préoccupe de plus en plus les services de l'État, qu'il s'agisse de l'extrême droite ou d'autres mouvances. Par ailleurs, dans un contexte judiciaire tendu, la question des peines prononcées fait aussi écho aux difficultés du système pénitentiaire français, qui comptait 87 126 détenus au 1er mars 2026.
Le jugement rendu à Albi jeudi constitue une première réponse judiciaire ferme, même si les peines majoritairement avec sursis laissent certaines parties civiles sur leur faim.